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Queen Atshepsut : le retour de la diva

Tambia Ngatangana épouse UM Jodie est née le 09 décembre 1965. Au sein du monde de la musique, elle est connue sous le pseudonyme de Queen Atshepsut. Cette appellation renvoie à la seule Femme qui a été Pharaon en Egypte pendant plus de deux décennies.

Queen Atshepsut a baigné dans le monde du chant très tôt. Issue d’une famille artistique, elle intègre la chorale « Sacré cœur de Douala » dès 9 ans. Durant trois ans, elle y déploiera sa voix.

Plus tard, elle fait la rencontre de Ebogo Emeran, qui détecte sa passion pour la musique, et l’intègre dans son groupe ozima. Queen atshepsut n’a alors que 16 ans, et évolue dans sa nouvelle famille musicale en qualité de choriste. Cette aventure se poursuit pendant trois ans. Ainsi, elle découvre les cabarets, notamment aux côtés d’artistes tels Hoigen Ekwalla, Gauthy Ele, Essono Georges, Armand Ntep, Govinal, ……

 

L’évolution de la carrière

C’est dans le cadre de ses prestations que le promoteur évènementiel Charles Loïc la contacte en 1991. Il lui propose d’accompagner des artistes antillais, à l’instar de Éric Brouta, Pascal Valo, Henry Magne, Mario, Ouria, Claude Faustin (membre du collectif Zouk Machine). Au cours de cette collaboration, elle a eu l’opportunité de participer à des évènements dans des lieux d’envergure comme le Palais des Congrès et l’hôtel Hilton.

 

Une production musicale perturbée

Queen Atshepsut démarre l’enregistrement de son 1er album, dont la sortie est prévue pour 1997. La collaboration avec le Studio Dobel est formalisée à Douala. Cependant, les problèmes judiciaires que connaît le producteur compromettent la finalisation de l’album, et quelques semaines plus tard, l’ingénieur de son Albert Broecks, dont elle était proche, décède. Cette douloureuse situation la conduit à suspendre ses activités musicales, et à se consacrer à son foyer.

Elle émigre en France avec toute sa famille nucléaire, et ne revient définitivement au Cameroun qu’en 2009, portée par un nouveau souffle. C’est ainsi qu’elle décide de réactiver sa carrière musicale, au travers d’un double album variétés et bikutsi, auquel elle associe la jeune génération représentée alors par les X-Maleya, et des aînés que sont Ebogo Emeran, Govinal, Vincent Nguini son oncle paternel de regrettée mémoire, ancien chef d’orchestre de Paul Simon, Andre Manga bassiste émérite de Josh Groban ainsi que George Essono ont également apporté leur contribution à cette production musicale. L’album Je suis est mis sur le marché en 2011, et bénéficie d’une promotion, mais celle-ci est perturbée par des problèmes de santé de Queen Atsheput. La nécessité d’une opération médicale interrompt la communication autour de l’album.

Son univers musical

Queen Atsheput a subi des influences culturelles provenant d’horizons multiples. Née en en Guinée équatoriale, c’est l’espagnol – avec le pidgin dans une certaine mesure – qui a fait office de langue maternelle pour elle. Arrivée au Cameroun à 7 ans, il a fallu qu’elle apprenne le français et l’Ewondo. Quant à l’héritage de sonorités, ses aînés écoutaient entre autres le jazz, le reggae, le blues, le Rock n’Roll, le High-life. Ces différents univers ne l’autorisèrent pas à adopter un quelconque parti pris.

« Je n’ai pas de style, parce que lorsque l’inspiration vient, on ne peut pas trier ». Telle est la façon dont elle décrit son univers musical.

 

Le nouveau projet de Queen Atshepsut

« Je reviens pour mettre au monde un enfant que j’ai porté, nourri dans mon sein et cette grossesse est arrivée à terme. J’ai mis au monde cet enfant, et je viens le présenter à l’humanité. Cet enfant est ma musique, organisme vivant. »

C’est par une approche très spirituelle de la musique qu’elle fait son retour, avec un projet musical bientôt disponible :

« Quand tu as fini de concevoir, tu peux présenter ta mélodie au monde. Lorsqu’il vient avec sa beauté, sa présence, son intelligence, c’est pour apporter de la joie à l’humanité. Et toutes les générations vont s’identifier à ce que représente ce bébé : c’est ça la musique ! et c’est de cette façon-là que je reviens avec ce nouveau bébé, un double album présenté par single. »

Les différentes épreuves qui ont entrecoupé son parcours n’ont fait que nourrir sa passion pour la musique, et entretenir sa détermination. Pour elle, la musique camerounaise renaît, et il est certain qu’elle compte jouer un rôle dans ce nouvel élan.